Onglets principaux
Perpétuel
20 rue Saint Gilles
75003 Paris
Cette exposition, principalement composée d’œuvres sur papier, prolonge les recherches menées par l’artiste lors de son exposition personnelle À force au Musée Ariana, Genève (2023-2024), sur le dessin : la question de l’empreinte, de la réserve et son usage, de l’apparition et de l’effacement. Nicolas Muller investit toutefois ces enjeux formels dans une dimension sociale : celle du système carcéral, de l’autorité qui organise et contrôle, et de la tension permanente entre contrainte et possibilité de liberté.
"Pourtant on se fourvoiera si l’on regarde exclusivement cette exposition à partir d’une grille de lecture issue de l’abstraction processuelle, ou empruntée aux protocoles stricts de l’art conceptuel. Car c’est peut-être d’abord dans les profondeurs de la vie de l’artiste que s’ancre sa pratique du dessin. Nicolas Muller, dont le père était surveillant de prison, a en effet vécu durant son enfance et son adolescence dans des environnements pénitentiaires. Il en a arpenté les espaces extérieurs, il s’est confronté quotidiennement à leurs murs d’enceinte, mesurant l’écart entre le dedans et le dehors, trouvant parfois dans le jardin du logement de fonction qui accueillait sa famille les paquets catapultés depuis l’extérieur à destination des détenus à l’intérieur. Son éducation visuelle et spatiale a été nourrie, en somme, par cet environnement. Loin d’être anecdotique, cette donnée biographique transforme ainsi radicalement, une fois qu’on en a pris connaissance, la lecture qu’on peut avoir de ses formes comme des protocoles auxquels il obéit."
Extrait du texte de Jill Gasparina