Onglets principaux
120 Rte de Saint-Julien
CH-1228 Plan-les-Ouates GE
L'Eau comme Archive et Mémoire Liquide
La pratique de Joëlle Cabanne s'articule autour de l'exploration de la mémoire des lieux à travers leur inscription directe dans la matière. S'éloignant de la représentation traditionnelle, son travail adopte une approche fondée sur l’empreinte et l’indexicalité : l’œuvre ne se contente pas de figurer le paysage, elle en devient l’expression physique.
Une Alchimie du Vivant
Au cœur de sa démarche, l’élément aqueux est envisagé comme une archive vivante. Prélevée in situ (glaciers, rivières, lagunes), l’eau devient l’ADN du réel, transportant sédiments et minéraux. À travers un « rituel de collaboration » mêlant pliage, froissement et capillarité sur papier Washi, l’artiste laisse l’encre et l’eau dialoguer. Ce processus de migration et d’évaporation révèle des paysages abstraits nés de la tension entre geste maîtrisé et hasard organique.
La Disparition du Sublime
Rompant avec la tradition suisse du paysage immuable, Joëlle Cabanne explore la disparition du sublime. Ici, le glacier n’est plus éternel mais s’évapore ; le sublime réside dans la vulnérabilité. Par la dessiccation, le sel dépose un « dernier souffle » minéral — une trace tactile qui témoigne de la fragilité de nos écosystèmes face à l'Anthropocène.
Une Œuvre Organique et Réactive
Les créations de l’artiste sont intrinsèquement hygrométriques. Sensibles aux variations de l’air, elles se tendent et se rétractent, faisant vibrer les couleurs au rythme de l’atmosphère. Jamais figée, l’œuvre devient un organisme réactif qui rend tangible l’impermanence du monde : un art qui, littéralement, respire.