Spozio
Laura

Laura Spozio s’est formée en Photographie (Centre d’enseignement professionnel de Vevey), puis en Arts visuels (Bachelor et Master à la Haute école d’Art et de Design de Genève). Depuis 2017, elle travaille en tant que chercheuse au sein du programme pluridisciplinaire ACTION, porté par la Haute école des arts de la scène de Lausanne ; plus récemment, pour la commission art public du Fonds municipal d’art contemporain de Genève, et comme jury de bachelor dans l’option [Inter]action (Haute école d’Art et de Design de Genève). Enfin, elle collabore régulièrement avec des compagnies de théâtre contemporain (Cies Yan Duyvendak, Sturmfrei, Hyena).


Son travail personnel s’articule dans l’intervalle d’une pratique de vidéo expérimentale, l’exercice d’actions discrètes dans l’espace public, et la réalisation d’installations. Elle explore les techniques d’observation au croisement des sciences, sciences humaines et arts visuels, à travers l’utilisation décalée d’objets et de protocoles, l’infiltration de contextes spécifiques, ou encore la réalisation de films d’observation.
La série des Ethologies s’intéressent à des activités situées dans la marge, non-spectaculaires et non-productives, ainsi qu’à des moments d’interactions sociales (inter et intra-spécifiques). En saisissant des gestes techniques, des postures ou encore des rythmes particuliers, l’artiste observe ce qui se joue dans le langage non-verbal, et propose un déplacement de point de vue ainsi que de nouveaux types de relations et pôles d’attention pour des passants, les usagers d’un lieu ou le public d’un événement. Certains de ses travaux ont été présentés à l’espace d’art indépendant TOPIC (2018), à la Villa Dutoit (2018), à l’espace Duplex-Walden (2018) lors d’une carte blanche de Marie-Eve Knoerle pour le programme Walk on the Public Site de .perf, à la galerie LIYH (2019), à la Villa Bernasconi lors de l’exposition La Ruche et la Valise (2017), ou encore à l’invitation de Piano Nobile pour la Biennale Interstellaire des espaces d’art de Genève (2018).


Ses différentes enquêtes appliquées aux sciences de l’observation trouvent leur prolongement dans L’antidiscours de la méthode, un projet installatif et performatif, dont le deuxième chapitre est actuellement développé et produit au sein de la Résidence Principale de La Becque 2020 (exposition en 2021). Il s’agit d’une série d’expérimentations in situ, qui s’intéressent à des outils, instruments ou engins, qui sont détournés de leur fonction première afin de provoquer des changements de paradigmes et permettre ainsi d’introduire des décalages dans la pratique de l’observation.
À la posture de l’observateur décalé, évoluant entre les lignes, est associée celle de l’amateur, qui rejoint la nécessité de pratiquer pour apprendre, afin de proposer une lecture critique des rapports entre science et individus. Cette approche repose, d’une part, sur l’aspect contemplatif de son rapport à la nature et, de l’autre, sur la rigueur conceptuelle, rationnelle, et abstraite du scientifique. Elle est en outre le résultat d’une pratique d’actions corporelles, techniques et collectives, réglée par des méthodes elles-mêmes sans cesse réévaluées et nourries par un échange verbal continu, utilisé comme matériau performatif.