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Morvan
Aline
Sculpture

Aline Morvan (1982) travaille entre la France et la Suisse. Après des études d’art plastique à Paris, Limoges (DNAP) et Rennes (DNSEP), elle complète sa formation à Genève avec deux post-grades à la HEAD, l’un en Art et Espace Publique en 2010, l’autre en Réalisation céramique et polymère en 2011. Elle y enseigne depuis régulièrement le moulage et la céramique en parallèle de sa pratique artistique.

"Mon travail artistique fait des ponts entre des propositions contextuelles liées à l’espace publique et une recherche et production plus longue en atelier. J’installe ma pratique entre Beaux-arts et artisanat, attisant délibérément la tension entre savoir-faire, valeur artistique du matériau et objet figuré.

Je me nourris des préoccupations de soins, d’écologie et plus récemment d’hospitalité, où l’être humain et l’ensemble des êtres vivants sont en perpétuel dialogue. Mais le sont-ils encore aujourd’hui ? Par nécessité et croyances je tends à m’y attacher et à exprimer un monde poreux ou tout est interconnecté.

La pratique de la céramique m’a permis la mise en forme d’une multitude de contenants. (Bouteilles, jarres, plats, tonneaux...) Ceux-ci sont la plupart du temps poreux ou creuset, devenant les supports d’apparition de phénomènes variés. La lisière, cet espace “entre“ ce qui apparait et disparait, entre ce qui est visible et invisible, est le chemin de ma pensée proposant un temps et un espace présent ou en train de se faire.

Je fais du principe d’impermanence qui nous montre que rien n’est immuable, un leitmotiv. Ainsi le jardin et la nature plus largement sont mes théâtres favoris d’observations et d’expérimentations. J’emprunte volontiers le concept de jardin en mouvement de Gilles Clément et la pensée phénoménologique du XXe siècle fondé par Edmund Husserl.

Le compost est depuis 2017 un support à divers axes de recherches. Du compostage de nos déchets de cuisine au compostage de nos émotions, leur “réussite“ nécessite de l’attention, du soin. Des recherches qui m’ont conduite aux écrits de Donna Haraway, Pascale d’Erm , Hildegarde de Bingen, ou encore aux pratiques qui relie de Johanna Macy. Telles des “sœurs en écologie“ il est question d’interroger nos relations à la nature, aux pouvoirs et aux sphères politiques. Les mains dans la terre ma pratique artistique grandit en arborescence au fils des ans, prenant la forme de sculptures, d’installations in situ, de performances, ou encore via la transmission et des temps de partage."