Onglets principaux

10.06 – 08.07.2026

Le Palais des tressaillements

Yvan Alvarez
Exposition collective
Centre de la Photographie Genève, Le Commun
Vernissage

Avec Yvan Alvarez, Tim Bruggeman, Aline d’Auria, Sixtine de Thé & Alexandra de Saint Blanquat, Lina Geoushy, Mårten Lange, Sebastian Stadler, Sarah Jade Sullivan, Nabil Tazi, Bernard Tullen, Farren van Wyk, Magdalena Wysocka & Claudio Pogo, Yana Wernicke, Yujie Zhou.

 

Le Palais des tressaillements sonde certaines des ramifications de l’héritage des images, de leurs circulations, appropriations et resignifications. Nous sommes tout·es récipiendaires d’images et des récits qu’elles véhiculent, qui impriment leur marque sur la construction de notre identité, et les manières dont nous faisons l’expérience du monde. Les liens de l’image à l’histoire collective comme à la mémoire individuelle sont aussi complexes que profonds. Ces images sont aussi bien celles des albums familiaux dont l’héritage peut être source d’émancipation comme d’écrasement, que celles disséminées par les médias de masse, dont certaines s’imposent soudain comme les icônes singulières d’une époque, alors que d’autre le font par la force brute de leur nombre répété. Sans que nous n’en ayons pleinement conscience, des cultures visuelles diffuses, mais solidement ancrées en nous façonnent subtilement une partie de nos identités, de nos places au sein de la société, de nos valeurs et visions du monde.

 

À l’heure des réexamens critiques des imageries qui ont forgé les imaginaires du monde, Le Palais des tressaillementspropose un assemblage de travaux d’artistes contemporain·es ouvrant sur de possibles réappropriations, resignifications et recirculations des images reçues en héritage collectif ou individuel.

 

L’exposition propose ainsi un examen critique, mais aussi poétique de la circulation des images, des cultures visuelles communes qu’elles façonnent inévitablement comme des identités individuelles qu’elles marquent durablement. Face aux images constamment charriées autour de nous, quelle est notre marge de manœuvre, notre possibilité de faire un pas de côté pour forger de nouveaux sens, lutter contre des récits dominants parfois aussi diffus que destructeurs, mais aussi d’accueillir et développer des filiations porteuses de sens et d’émancipation?

Le Palais des tressaillements instigue des allers-retours entre des images impersonnelles infiltrant discrètement notre inconscient collectif via les médias de masse, et des récits personnels et intimes, qui par de microrécits, de microperformances, de microgestes, marquent un arrêt dans le flux des images. Décadrant, recadrant, rejouant ou mobilisant différemment les images, ces gestes forment autant d’accrocs dans le tissu des cultures visuelles qui nous entourent, et des récits qu’elles portent, offrant de nouvelles possibilités de sens et de lien.

 

Le Palais des tressaillements forme un espace fictionnel, un lieu aussi chargé d’histoire et de mémoire qu’indéfini dans sa localisation géographique et le moment de sa création. Un espace aussi défini par ses blancs que par les images qui y sont assemblées, dont les photographies sont à la fois familières et étranges. Les murs du palace sont érigés, et ses habitants nous regardent; leurs gestes méticuleux et rituels sont une invitation autant qu’un défi. A leurs côtés se jouent les retissages des images et du temps, la reconstruction des héritages où se redistribuent les photographies, les gestes, les rôles et les identités