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Toutes les choses qu'elles portent
avec : Roxana Savin, Elizabeth Hansen, Ingrid Butterer, Sarah Knill-Jones
L’exposition Toutes les choses qu’elles portent réunit quatre artistes femmes dont les œuvres interrogent ce que les femmes continuent à porter aujourd’hui : charges visibles et invisibles, héritages symboliques, contraintes sociales et expériences intimes. Dans un contexte de fragilisation des droits du féminin, elle explore la tension entre création, maternité et individuation : comment inventer une langue propre et affirmer une subjectivité singulière sans se laisser réduire à des rôles prétendument universels. Plutôt que d’idéaliser la maternité ou le soin, l’exposition en révèle les ambivalences, les zones d’ombre et les résistances nécessaires pour « porter sans se perdre ». La commissaire Katharina Holderegger a sélectionné pour chaque artiste des œuvres issues de séries précises qui forment ensemble un récit polyphonique du féminin contemporain.
Les œuvres de Roxana Savin issues des séries I’ll be late tonight (2012–2020) et God Created Woman (2022-ongoing) observent à la fois la vie domestique des résidences d’expatriés où perfection et silence dévoilent l’effort invisible des femmes, et relient ces réalités actuelles aux imaginaires religieux en interrogeant la sacralisation du féminin et le contrôle des corps. Les diptyques d’Elizabeth Hansen, tirés de Welcome/Welcome Back (1996–2021), rejouent des autoportraits à quinze ans d’intervalle pour faire dialoguer la jeune artiste new-yorkaise et la femme devenue mère, révélant ce qui, dans l’identité féminine, se transforme avec le temps et ce qui demeure. Ces portraits à taille réelle retournent le regard et déplacent l’objectification en questionnant la manière dont le corps féminin est chargé d’attentes sociales et émotionnelles. Avec la série The (Dis-)Appearing Woman (2014–2015), Sarah Knill-Jones aborde l’oscillation entre apparition et disparition à travers des portraits peints partiellement recouverts de femmes occidentales vivant en Azerbaïdjan, évoquant l’exil, la suspension de l’identité et la réduction à des rôles traditionnellement assignés, tandis qu’une confrontation audiovisuelle ultérieure avec des femmes autochtones donne voix aux deux. Les œuvres d’Ingrid Butterer issues du projet Every Day is Mother’s Day 10.2025 (2025), notamment Milk Hole Abstraction (2017 - ongoing), abordent l’après-coup de la violence domestique: le lait versé ou encapsulé devient métaphore du soin, de la peur et de la construction de nouvelles limites menant de la survie vers la reconstruction.
Ensemble, ces œuvres affirment que les femmes ne cessent pas d’être sujet lorsqu’elles deviennent mères, épouses, migrantes ou actrices d’enjeux politiques et religieux ; elles inventent des formes pour continuer d’exister dans un monde qui les voudrait trop souvent symbole avant d’être personnes.
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